Jean-Luc Moulène: “Mes œuvres n’ont pas grand-chose à voir avec moi”

Au long d’un travail dense et protéiforme mené depuis près de trois décennies, Jean-Luc Moulène (né en 1955) ne cesse d’interroger l’espace, les corps, les pouvoirs, les conventions sociales. Dans le cadre de sa sixième exposition à la galerie Chantal Crousel il présente, notamment, un ensemble de sculptures inédites. Rencontre de l’artiste parmi ses œuvres.


Vue d'installation Jean-Luc Moulène, Implicites & Objets, Galerie Chantal Crousel, Paris, France. Courtoisie de l’artiste et Galerie Chantal Crousel, Paris. Photo: Martin Argyroglo. ©Jean-Luc Moulène / ADAGP, Paris, 2020.



YAMINA BENAÏ : Votre travail est souvent qualifié de complexe, difficile d’accès et hétérogène : comment souhaitez-vous définir la vastitude qu’est votre œuvre depuis des décennies ?


JEAN-LUC MOULÈNE : Je voudrais la finir déjà, plutôt que la définir, c’est-à-dire aller au bout de ce processus qui est tout simplement celui de ma vie. Tout phénomène se complexifie au fur et à mesure de son développement. Bien entendu, il est beaucoup plus difficile d’expliquer des choses complexes que d’aller à une explication simpliste qui, bien souvent, est fausse. En ce qui concerne la question de l’hétérogénéité, de la difficulté et de la complexité, moi-même je m’y trouve confronté, c’est ma vie. Donc si le public est insatisfait, je me dis que c’est dommage, s’il ne comprend pas, je me dis qu’il faut qu’il fasse encore un effort. Je ne suis pas là pour que l’on me comprenne, je suis là pour montrer des œuvres. Et je considère que mes œuvres n’ont pas grand-chose à voir avec moi, au sens du vivant. Elles ont à voir avec une pratique, un travail, une obstination. Toute chose que chacun, d’une certaine manière, possède, simplement je m’y suis engagé, et j’avance sur le chemin.


Vos œuvres, dites-vous, n’ont rien à voir avec vous, mais ce sont bien vos choix.

Pour vous répondre, j’ai envie de revenir au modèle photographique. J’ai été longtemps et continue d’être photographe, je fais des enregistrements, exactement comme la photographie l’a toujours fait. J’irais jusqu’à dire que, d’une certaine manière, mes sculptures sont de type documentaire, elles ne sont pas le fruit d’une volonté d’expression ou d’impression. C’est davantage une manière distancée de poser des éléments sur lesquels une réflexion est possible. La mienne, celle des autres. Cheminer aussi bien vers des interprétations fictives, fictionnelles que parfaitement techniques.

J’essaie qu’une œuvre soit une œuvre, pas un travail, pas une pirouette, pas un ready-made. J’essaie qu’une œuvre réponde à un certain nombre de conditions qui, pour moi, sont issues de l’histoire de l’art. Je crois qu’il n’est pas besoin d’un auteur pour interpréter un objet. Tant qu’une œuvre d’art accomplit son travail de projection mentale vers le regardeur, cela suffit.

Vue d’installation Jean-Luc Moulène, Implicites & Objets, Galerie Chantal Crousel, Paris, France. Courtoisie de l’artiste et Galerie Chantal Crousel, Paris. Photo: Martin Argyroglo. ©Jean-Luc Moulène / ADAGP, Paris, 2020.


Ne craignez-vous pas la mésinterprétation ?

Non, surtout pas. D’une certaine manière, c’est toujours une mésinterprétation. De ce point de vue-là, je suis un moderne car de ma part, la question de l’interprétation a totalement été laissée de côté. Je ne vise pas l’interprétation, je ne vise pas les faits. Je vise des rapports de pensées et de connaissances.


Qu’en est-il de la sensation ?

C’est le commencement pour le regardeur. Puis, quelque temps après, lorsqu’il n’est plus en présence de la pièce, apparaissent des perceptions. Le regardeur devient alors conscient de sa sensation. Et s’il poursuit la démarche, il pourra pousser sa perception du côté d’une conceptualisation. S’établit ainsi la construction d’une connaissance.


Il y a donc un cheminement inévitable…

Oui, exactement comme en photographie : certes j’appuie sur le bouton, c’est une mécanique qui est alors en jeu, mais elle ne fait pas encore l’image. Ce sont les choix et décisions suivantes qui vont faire image. Aujourd’hui, et depuis le ready-made, le choix fait l’auteur. L’auteur est, par ailleurs, déterminé par l’éditing. Les écrivains le savent bien, leur texte ne paraît pas sans être, au préalable, passé entre les mains de l’éditeur. Ainsi, il s’agit toujours de formes d’énoncés collectifs.


La manière que vous avez de vous distancier de votre production est-ce, de votre part, une sorte de défiance qui consisterait à dire : je vous propose cette forme que j’ai créée, produite, à vous de vous l’approprier ou pas.

Absolument. Je ne veux pas aller jusqu’à présupposer l’autre, c’est-à-dire que je vais jusqu’à une forme de don – à savoir engager le contact et le rapport à l’autre –, mais je ne veux surtout pas lui dire ce qu’il a à penser. Ni par un effet de brillance, de spectacle, ni par un effet intellectuel.


Vue d’installation Jean-Luc Moulène, Implicites & Objets, Galerie Chantal Crousel, Paris, France. Courtoisie de l’artiste et Galerie Chantal Crousel, Paris. Photo: Martin Argyroglo. ©Jean-Luc Moulène / ADAGP, Paris, 2020.


Dans votre approche, qui est très radicale, les œuvres que vous produisez sont nourries de vous-même.

De mes observations : car, comme photographe, je collecte de l’information. La complexité consiste ensuite à accumuler dans un objet, des observations qui proviennent de multiples champs. Ainsi, que l’on puisse parler à propos de ma sculpture Pyramid’os constituée d’os humains en bronze, de métaphysique, d’histoire de l’art, d’anatomie est possible. Et, dans le fond, cette pièce est à la croisée de différentes disciplines dans lesquelles différentes observations ont été faites, et qui trouvent une solution objective.


Vous êtes issu d’une famille de scientifiques, vous vous êtes orienté, initialement, vers des études médicales, plus précisément vétérinaires : pourquoi les animaux et non les hommes ?

Le mutisme et le silence des animaux sans doute. Mais j’aime parler, la poésie est un rituel essentiel pour moi. Dans le fond, aussi bien les sciences, la philosophie que l’art ont la connaissance en partage. La nature de l’investigation en art au lieu d’enchaîner du langage, enchaîne de la matière. Donc oui, je suis pour une pensée matérielle.


Comment sont pensées les œuvres dans l’espace de la galerie ?

Elles sont données de sorte à être en présence les unes des autres et des corps. Dans le contexte du Covid-19, se pose la question de la présence réelle et non virtuelle or, si vous visitez cette exposition sur le web, vous n’allez capter que sa frange fictionnelle ou interprétative, car les objets seront interprétés par l’image. Il est important d’être là. Ainsi, il n’est pas question de changer le format de Pyramido’s, par exemple, car lorsqu’on lui fait face, il est bien évident que ça travaille dans les coudes, dans les genoux, sans même avoir à prononcer les mots “coudes” ou “genoux”… Il y a dans la proximité physique, des formes d’harmoniques.



Vue d’installation Jean-Luc Moulène, Implicites & Objets, Galerie Chantal Crousel, Paris, France. Courtoisie de l’artiste et Galerie Chantal Crousel, Paris. Photo: Martin Argyroglo. ©Jean-Luc Moulène / ADAGP, Paris, 2020.


Le rapport au format est essentiel.

Combien de fois ai-je pensé qu’une œuvre, pour qu’elle soit à son maximum, nécessite que le regardeur soit debout face à elle. C’est une construction de soi, se sentir debout mentalement. Si une œuvre vous fait vous redresser, elle a accompli sa tâche. Il ne s’agit pas d’interprétation mais de rapport physique aux choses.

Un certain nombre de personnes commencent à penser aux droits des animaux, aux droits de la nature… Il s’agirait aussi de penser, un jour, non pas forcément en termes de droits, mais au moins en termes d’attention aux matières et objets qui nous entourent.

Dans le fond, les objets sont extrêmement maltraités : on sera attentif à ne pas abîmer son rosier, mais pour planter le piquet, on cognera sans ménagements… Il y a tout un aspect de nos vies où la dimension matérielle est extrêmement négligée.


Quel serait l’apport, en termes d’enrichissement personnel, d’une attention particulière aux objets ?

C’est une question d’attitude entre moi et le monde. Finalement, on peut estimer que le dernier prolétaire, c’est la matière. Il est admis que l’on peut toujours se défouler sur la matière, ce n’est pas grave. Un certain nombre de philosophes imaginent que les objets puissent avoir un être, je ne saurais pas me prononcer sur ce sujet mais ce n’est pas inintéressant comme hypothèse de réflexion. Auquel cas, cet être, il faut être là avec lui.


La présence fait toute la différence.

Si on y réfléchit sérieusement, la présence fait une vraie différence politique, puisque toute la politique est une représentation.


“Combien de fois ai-je pensé qu’une œuvre, pour qu’elle soit à son maximum, nécessite que le regardeur soit debout face à elle. C’est une construction de soi, se sentir debout mentalement.” JLM

Quelle est la genèse de la série des poupées gonflables retournées emplies de béton, que vous avez intitulée Implicites ?

Ces pièces trouvent leur origine dans une véritable poupée gonflable de voyage. Il y a environ cinq ans, j’ai pensé retourner et remplir les poupées de béton. A cette époque, après la réalisation des Tronches, une série de masques de carnaval retournés et remplis de béton, j’ai assez rapidement cherché à remplir des corps entiers. Le seul objet intégral et souple qui puisse être rempli était la poupée gonflable. Il est d’ailleurs amusant de noter que le gonflable renvoie au souffle et, d’une certaine manière, à toute l’histoire de la poésie lyrique. Le poids du béton engendrant des difficultés techniques de résistance, j’ai pensé faire des essais préalables sur des petits formats plus légers. J’ai constaté alors que le web proposait des poupées gonflables enfant. Pris de nausées, j’ai alors repoussé l’idée de réaliser ces sculptures.

Quelques années après, je reprends mes recherches et observe que les poupées gonflables enfant sont passées sur le Dark web. Elles valent aujourd’hui 5.000 euros pièce et toute commande déclenche une alerte policière. J’ai donc trouvé un modèle adulte dit “de voyage” et de 66 cm. Il est doté de deux orifices, à l’avant et à l’arrière. En essayant de retourner cette poupée, j’ai découvert que les deux trous n’en étaient qu’un traversant. Cette topologie est impossible à retourner. Pour pallier cette difficulté, j’ai donc mis en place un axe creux parfaitement cylindrique.

Face à cet objet (sorte de fétiche), mis à l’envers et troué, traversé en son centre, la question est : où est le corps ? Le corps est dehors, tout l’espace de la galerie devient un corps collectif organisé. Ainsi, les choses autres que les poupées deviennent des objets de pensée, soit autant d’abstractions, à traiter donc de manière abstraite. Quelques pièces dans l’exposition viennent aussi manifester cela.


Qui dit corps dit visibilité et pouvoir…

Lorsque j’enseignais, j’avais coutume de dire à mes étudiants “Nous avons eu l’impressionnisme, l’expressionnisme, que faut-il faire ?” En fait, c’est simple, l’art est un jeu de pression. Un jeu de pression aussi avec l’histoire qui est toujours écrite par le pouvoir. Il y a donc également un jeu de pression dans le rapport de l’existence des choses devant l’institution qui nous gouverne et qui gouverne les corps. En cette période de Covid-19, on voit clairement la manifestation du pouvoir, telle que Foucault le décrit depuis les années 1970, et qui existe depuis toujours. L’Etat a toujours formé les corps.


On en revient donc à la surpuissance du politique.

Au milieu de ce bordel politique, j’essaie de faire mon boulot. On a beau tenter de nous faire croire à des formes organisées… ce sont des formes chaotiques. Essayer de construire une harmonie est sans doute l’une des seules possibilités qui reste aux artistes.


Jean-Luc Moulène, Nature Morte - Le Buisson, 2020. Bois, toile, porcelaine, polystyrène, plastique, pierres, gommes laque, enduits, peinture à l’huile, 41 x 75 x 49 cm. Courtoisie de l’artiste et Galerie Chantal Crousel, Paris. Photo: Martin Argyroglo. © Jean-Luc Moulène / ADAGP, Paris, 2020.


C’est la tâche que vous vous êtes attribuée ?

Je m’y attelle chaque jour. On s’inquiète de la complexité des œuvres d’art, on peut également sérieusement s’inquiéter de la complexité d’un satellite, or nul ne s’en émeut. Car, ce qui fait problème est que, par principe, il faut que l’art soit pour tous. Pourquoi cela ? La science est-elle pour tous ? La philosophie est-elle pour tous ? Tendanciellement, oui, mais tant que le public ne fait pas l’effort de la compréhension, cela reste stérile. Donc cette complexité, ce n’est pas un problème.


Pour être approchée, appréciée, toute discipline, nécessite un effort.

Ne serait-ce que 10 cm carrés de trottoir dans le caniveau : si on les observe sérieusement, c’est d’une très grande complexité, avec des provenances tous azimuts, des mélanges, des temporalités… Apprenons à regarder les phénomènes.


Les deux formes non identifiées, présentes à l’entrée de l’exposition, développent un autre de vos points de vue.

Je considère ces deux pièces un peu comme des études pour ce que j’ai appelé originellement Formes quelconques. Que serait une forme quelconque, qui soit ni X, ni Y, ni, ni Z ? Voilà ma réponse : l’une est blanche, l’autre noire, toutes deux peintes à l’huile, au sens on ne peut plus traditionnel, avec les couches, les apprêts, les préparations, toute la tradition chimique. L’une est close, l’autre est ouverte. L’une révèle toute sa structure interne, et pour cela a eu besoin de recevoir des objets sur sa structure externe. Alors que l’autre est entièrement blanche et ne dit rien de ce qui l’habite. Mon objectif était ainsi de produire quelque chose de quelconque, ce qui ne signifie pas banal mais que l’on ne peut pas caractériser.


Mais ce “quelconque” est réfléchi ?

Il est surtout “fait” au sens des mains. Fabriqué, peint. C’est comme si je posais à travers ces deux œuvres la question “comment interpréter ?” Il y a l’ouvert, le fermé, le blanc, le noir, et quoi d’autre ? Que faites-vous au milieu de cela ?


A chacun de mettre au point son récit...

A chacun de se nourrir, j’espère, sans trop de préconceptions de ce que l’art doit être, ou des conditions à remplir pour en être. Posture développée par nombre d’amateurs d’art, et qui, à mon sens, est un extraordinaire abus de soi.


Vue d’installation Jean-Luc Moulène, Implicites & Objets, Galerie Chantal Crousel, Paris, France. Courtoisie de l’artiste et Galerie Chantal Crousel, Paris. Photo: Martin Argyroglo. ©Jean-Luc Moulène / ADAGP, Paris, 2020.



Ce que l’on peut attendre de l’art est une émotion qui donne l’accès à un territoire appartenant en propre à chacun suivant son paysage intérieur. Le regardeur est ainsi remué…

J’espère même qu’il sera retourné proprement, puisque l’exposition est faite avec des corps à l’envers… Foucault a écrit un très beau texte sur ce sujet, La Pensée du dehors. La pensée procède par cercles concentriques successifs, toujours vers le dehors. On élargit le champ constamment. Mais on peut également élargir le champ et fermer des objets sur ce champ. Mais revenir à soi serait totalement désespérant.


On peut trouver des clés de compréhension de soi-même dans certaines œuvres fondatrices, qu’elles soient plastiques, littéraires…

Oui, Les Champs de Maldoror, à 15 ans, ça vous retourne, au sens fort. Mais pas seulement. Souvenons-nous de ce qu’écrit Antonin Artaud sur la question… “L’homme est malade parce qu’il est mal construit. Il faut se décider à le mettre à nu pour lui gratter/ cet animalcule qui le démange mortellement,/ dieu,/ et avec dieu/ ses organes./ Car liez-moi si vous le voulez,/ mais il n’y a rien de plus inutile qu’un organe./ Lorsque vous lui aurez fait un corps sans organes, alors vous l’aurez délivré de tous ses automatismes et rendu à sa véritable liberté./ Alors vous lui réapprendrez à danser à l’envers comme dans le délire des bals musette et cet envers sera son véritable endroit”.

Cela suppose un mouvement qui dé-hiérarchise les différentes parties du corps. Mon cerveau n’est pas plus important que mon cœur ou mes orteils. Mon cerveau danse parce que j’ai des orteils.


Vue d’installation Jean-Luc Moulène, Implicites & Objets, Galerie Chantal Crousel, Paris, France. Courtoisie de l’artiste et Galerie Chantal Crousel, Paris. Photo: Martin Argyroglo. ©Jean-Luc Moulène / ADAGP, Paris, 2020.


Au printemps dernier, des sculptures ont été déboulonnées, certaines détruites dans le cadre des manifestations antiracistes, qu’en pensez-vous ?

Je pense que le plus étrange est qu’on abatte les statues. Et si l’on posait la question inverse de commander, aujourd’hui, pour une place publique la statue d’une grande personnalité : Qui le ferait ? Comment ? Qui le financerait ? C’est cette question-là qui m’intéresse : qu’attend-on d’un monument public, a fortiori incarné, qui faille que détruire les autres soit important ? Au bout du compte, les monuments c’est de l’idéologie pure. Mais pourtant il y a là une forme, sculptée par “quelqu’un”, et celui-là n’est jamais nommé. Le sculpteur disparaît au profit du commanditaire.

C’est ce qui se passe dans la commande publique. Les monuments n’ont jamais satisfait que le pouvoir. L’histoire est écrite par les dominants mais si l’on regarde attentivement les grands tableaux historiques au Louvre, ils ne racontent pas exactement la même histoire que le pouvoir tente d’écrire. Je pense que l’une des grandes fonctions de l’art est de se constituer au sein de l’histoire comme un commentaire du pouvoir et de l’Etat.

Aujourd’hui, il ne faut pas laisser les pouvoirs écrire l’histoire seuls, il faut l’écrire nous-mêmes mais pour cela, il faut que l’on puisse faire durer, donc se mettre à l’abri au musée. Si l’on regarde le musée non comme une histoire de l’art mais comme une histoire des pouvoirs, c’est beaucoup plus intéressant. Comment faire durer ces observations et les transmettre : la question de la transmission est extrêmement importante.


Les archiver, donc, de manière pérenne, et les transmettre. Pour éviter une appropriation faussée de l’histoire, voire une épuration. Prenons l’exemple du mot “nègre” que les éditeurs, de façon unilatérale, ont supprimé de la réédition de l’ouvrage de Margaret Mitchell, Autant en emporte le vent. C’est non seulement une atteinte à l’intelligence des lecteurs, mais aussi une instrumentalisation en usant d’une solution de facilité. Car travestir en supprimant purement et simplement, plutôt qu’enrichir de connaissances, contextualiser en accompagnant l’ouvrage d’un texte informatif, revient à couper les générations futures d’une réalité qui a pourtant bel et bien existé à un temps T, en s’exonérant des faits historiques.

Cacher les choses n’est jamais la solution. Présenter – même si la racine de toute création est négation , est par contre une affirmation. Ici, dans l’exposition, j’affirme quelque chose, sur la base d’un refus.


-“Implicites et Objets”, Jean-Luc Moulène, jusqu’au 19 décembre, Galerie Chantal Crousel, 10, rue Charlot, 75003 Paris.

- Jean-Luc Moulène, exposition personnelle, Museum of Old and New Art (MONA), Hobart, Tasmanie, premier semestre 2021.

- “Rhé: Abraham Cruzvillegas, Jean-Luc Moulène et Melik Ohanian”, Galerie Chantal Crousel, du 23 janvier au 27 février 2021.

- “FIGURE/S: drawing after Bellmer”, exposition collective, Drawing Room, Londres, 2 juin-25 juillet 2021.

- “La Couleur crue”, exposition collective, Musée des Beaux-Arts de Rennes, 24 juin-29 août 2021.




-Vue d’installation Jean-Luc Moulène, Implicites & Objets, Galerie Chantal Crousel, Paris, France. Courtoisie de l’artiste et Galerie Chantal Crousel, Paris. Photo: Martin Argyroglo. ©Jean-Luc Moulène / ADAGP, Paris, 2020.

-Jean-Luc Moulène, Redux Implicite - Le Buisson, 2020. Béton armé et résine epoxy, 80 x 27 x 19 cm. Courtoisie de l’artiste et Galerie Chantal Crousel, Paris. Photo: Martin Argyroglo. © Jean-Luc Moulène / ADAGP, Paris, 2020.

-Jean-Luc Moulène, Montagne pourpre - Paris, 2019. Peinture et résine sur mousse dure, 80 x 115 x 93 cm. Courtoisie de l’artiste et Galerie Chantal Crousel, Paris. Photo: Florian Kleinefenn. © Jean-Luc Moulène / ADAGP, Paris, 2020.

-Jean-Luc Moulène, Marie - Le Buisson, 2020. Béton armé ciré, 176 x 36 x 26 cm. Courtoisie de l’artiste et Galerie Chantal Crousel, Paris. Photo: Martin Argyroglo. © Jean-Luc Moulène / ADAGP, Paris, 2020.

-Jean-Luc Moulène, Pyramid’os - Le Buisson, 2020. Bronze patiné vert de gris - Fonderie de Coubertin. Approx. 54 x 77 x 65 cm. Edition de 3 + 2 AP.Courtoisie de l’artiste et Galerie Chantal Crousel, Paris. Photo: Martin Argyroglo. © Jean-Luc Moulène / ADAGP, Paris, 2020.

-Jean-Luc Moulène, Nature Morte - Le Buisson, 2020. Bois, toile, porcelaine, polystyrène, plastique, pierres, gommes laque, enduits, peinture à l’huile, 41 x 75 x 49 cm.Courtoisie de l’artiste et Galerie Chantal Crousel, Paris. Photo: Martin Argyroglo. © Jean-Luc Moulène / ADAGP, Paris, 2020.

-Jean-Luc Moulène, Jeune Homme - Le Buisson, 2020. Béton armé ciré, 155 x 83 x 44 cm.Courtoisie de l’artiste et Galerie Chantal Crousel, Paris. Photo: Martin Argyroglo. © Jean-Luc Moulène / ADAGP, Paris, 2020.